Bireli Lagrene et Sylvain Luc, « Duet
»
La sortie de l’album « Duet » donne l’occasion
de présenter ces deux guitaristes virtuoses, qui figurent
déjà dans la société très restreinte
des grands jazzmen d’aujourd’hui.
La réunion de ces deux talents est l’accomplissement d’un
rêve pour tous les amoureux de la guitare jazzy. Dans cet
album, les musiciens reprennent des classiques de la chanson, parcourant
des répertoires autant portés sur la variété
internationale, la chanson française ou le jazz. On trouve
par exemple une version de Time After Time de Cyndy Lauper, Isn’t
She Lovely de Stevie Wonder, ou encore Les Amoureux Des bancs Publics
de Brassens et enfin des compositions des interprètes.
Il est vrai que l’on aurait pu s’attendre à un disque
de virtuoses à la technique doublée de l’efficacité
de chacun des deux artistes, mais c’est au contraire dans un style
classique, très épuré et précis que
Sylvain Luc et Bireli Lagrene nous emmènent voyager, pour
le plus grand honneur de la musique et de nos tendres tympans.
Revenons sur Bireli Lagrene. Depuis tout petit, il gratouille
dans les pas de son père, et il le fait si bien qu’à
onze ans à peine, il reprend des standards de son fétiche
Django Reinhardt.
La suite parle d’elle-même : aux cotés de Benny Carter,
Benny Goodman, Niels-Henning Orsted Pedersen ou même Stephane
Grappelli, artistes de grand talent et à la renommée
internationale dans le milieu jazz, il sort son album « Routes
To Django », à l’impact énorme dans la grande
lignée des artistes manouches. Depuis, Bireli à énormément
tourné avec les plus grands dont il est largement digne,
asseyant son jeu aux cotés du bassiste Jaco Pastorius par
exemple, ou de Rosenberg trio, pour le plus bel hommage aux standards
du jazz.
Le petit alsacien manouche est devenu une ultra référence
dans le monde de la guitare.
Quant à Sylvain Luc, son « palmarès »
est tellement étendu que ce trentenaire virtuose, poly-instrumentiste
n’est plus à présenter !
Pour résumer, cet artiste basque de grand talent sévit
dans un panel très large de la musique, passant du folklore
basque (album « Elgarrekin », à 9 ans, «
Olinakarin » à 12 ans avec son frère accordéoniste)
à la musique classique, de la variété française
au jazz, la musique latine et j’en passe. Aussi doué à
la guitare qu’à la basse, au violon, mandoline, violoncelle,
on peut citer à son actif des artistes comme Jean Marc Jaffé,
André Ceccarelli, Benoît Cazenave, Moustaki, Philippe
Léotard, Steve Gadd, Françoise Hardy, Dee Dee Bridgewater,
Fabienne Thibault, Higelin, Elvin Jones. Mille excuses pour les
non-cités, mais il y a tellement d’artistes pour qui,et avec
qui Sylvain Luc à joué, que l’énumération
complète n’en finirait plus !
En conclusion, ce musicien polyvalent aux influences multiples apporte
son talent incontestable à cet album « Duet »,
doublant ainsi celui de Bireli Lagrene.
« Duet » est à écouter absolument,
autant pour la culture de la beauté, que pour les artistes
qui donnent un aperçu de leur phénoménal talent.
Serge . B