Bill Miller
“Tout ce que je fais, c’est de prendre une palette,
et d’utiliser toutes les couleurs que je connais.” On peut dire
que Bill Miller est un peintre d’exception ! Le compositeur indien
nous transporte dans des contrées lointaines, dignes de ses
origines : l’Amérique. Sa culture y est préservée,
son histoire y est relatée, et il nous prend l’irrésistible
envie de mieux connaître ce peuple peut-être trop inconnu.
Sa musique est naturellement belle, et fait preuve de sincérité
par le jeu d’harmonies émouvantes.
“Je n’ai jamais
voulu me limiter. J’acquiers peut-être de la maturité,
je ne sais pas. Arrive un jour où l’on se demande ce que
l’on fait ici, pourquoi sommes-nous ici ?”. J’aurais tellement
voulu avoir un prof de philo comme Bill Miller.
L’album que je recommande absolument s’intitule “The Red Road”
; les 11 plages de ce chef-d’oeuvre nous font rêver, et nous
emmènent nous ballader calmement. Les paroles sont en anglais
ainsi qu’en indien. Bill Miller y explique le sort de sa population
destinée à l’extermination... mais pas seulement ;
il parle de son enfance sauvage, de son père auquel il dédie
cet album (ce dernier est mort le 11.04.93, durant l’enregistrement
du disque). L’indien dédicace aussi son travail à
sa tribu Les Stockbridge-Munsee, une bande de mohicans.
Bill Miller chante, joue de la guitare, de la flûte, de
l’harmonica, et des percussions.
“Raven in the Snow” est un
album beaucoup plus rock and roll ; décevant malgré
un groove certain.
Le mohican a fait d’autres disques comme
“Hear our prayer” revendiquant plus sa nationalité indienne,
ainsi que “Ghost Dance” ou “Reseravation Road” où l’esprit
attendu est omniprésent.
Malheureusement Bill Miller
ne fait jamais de concert en France et ne tourne qu’à l’intérieur
de son pays, mais soyons à l'affût, il serait dommage
de le manquer. Il faisait cependant la première partie de
la chanteuse et néanmoins amie Tori Amos il y a quelques
années.
Nous attendons tous son prochain album après “Old Dreams
and New Hopes”, le dernier en dâte.
Il existe “A Native
American Odissey” : disque regroupant différents artistes.
Le but de cette collection Putumayo est de présenter la musique
contemporaine rendue par le peuple indigène d’Amérique
du nord, centrale, et du sud. Bill interprète l’une de ces
13 plages avec “Ghost Dance” préservant sa tradition musicale
dans un monde contemporain. Son langage Innu n’est certes pas compréhensible
dès le premier abord, mais l’on ressent rapidement les besoins
d’espoirs de ce peuple vivant dans l’urgence.
Bill Miller possède un site officiel très bien
fait : http://www.billmiller.net
où l’on peut revoir brièvement (en anglais) la biographie,
la discographie, ainsi que les dates de concert, ou bien encore
on peut charger très vite de brefs passages de chansons émanant
de differents disques ; cela peut donner tout de suite une idée
de chacun de ses albums.
Voilà, j’espère vous
avoir donné envie d’écouter du Bill Miller, profitez
en, c’est peut-être le dernier des Mohicans...
Samuel D.