Bebel Gilberto
Pour beaucoup d'entre nous, le mois de juillet
évoque vacances, chaleur, farniente… C'est la saison pour
oublier ses tracas quotidiens, s'évader. Et c'est par conséquent
la saison qui voit débarquer dans nos contrées les
"musiques de l'été". L'expression est lâchée,
et sa seule évocation correspond le plus souvent à
une chanson commandée par les chaînes de télévision
pour faire danser petits et grands. Tous les moyens sont bons pour
y parvenir : une construction "Dance" la plupart du temps
agrémentée de quelques sonorités exotiques.
Des exceptions subsistent pourtant, pour le plaisir de nos oreilles
meurtries par une quantité astronomique de produits formatés
d'une fadeur à pleurer. C'est le cas de Bebel Gilberto, nouvelle
diva de la bossa.
Une voix douce et suave, une présence discrète
mais posée et une sensualité à fleur de peau
sont les atouts principaux de cette jeune femme en passe de devenir
une des représentantes majeures de la musique brésilienne.
Etonnant pour quelqu'un né à New-York, ville plus
connue pour ses clubs de rock et d'électro que pour ses fêtes
latines. Cependant, il suffit de se pencher sur son arbre généalogique
pour s'apercevoir que sa place dans le milieu musical n'est pas
un hasard. En effet, fille de Joao Gilberto, un des créateurs
de la bossa telle qu'on la connaît, et nièce de Chico
Buarque, elle ne manque pas de sources d'inspirations dans lesquelles
elle va allègrement puiser pour sortir son premier album,
"Tanto Tempo". De nombreuses reprises sont donc présentes
dans ce que l'on peut désormais considérer comme un
coup de maître : "Samba de Benção",
"So nice", "Samba e Amor",…
Bien consciente de son héritage musical, Bebel
n'en est pas moins une jeune artiste ayant réussi à
assimiler dans ses chansons diverses influences dites contemporaines,
dont l'électronique. Elle a notamment collaboré avec
Suba, producteur de renom (malheureusement décédé),
mais également Nina Miranda et Chris Franck de l'excellent
groupe Smoke City (rappelez-vous du superbe "Flying Away",
1997) et Amon Tobin, célèbre DJ d'outre-manche. Une
réelle fusion des genres s'opère avec un naturel déconcertant
: pas d'impression de collage musical maladroit dans le but de faire
"jeune et branché". Les machines soutiennent la
chanson sans se l'approprier.
Bebel Gilberto arrive finalement au bon
moment, profitant d'un engouement pour les musiques et les sonorités
latines (qui aurait pu se douter qu' Henri Salvador fasse un tel
carton en chantant de la bossa ? ). L'opportunisme ne faisant pas
tout, il est évident que la belle n'aurait pas conquis critique
et public sans un talent bien présent, lui assurant un avenir
prometteur, de même que pour les musiciens brésiliens
issus de sa génération. Le monde de la bossa bouge
et se rajeunit un peu, qui pourrait s'en plaindre ?
Pour les lecteurs du Sud-Est, sachez que Bebel jouera
le 27 juillet 2001 lors de la soirée "Girl Power"
organisée dans le cadre du festival de jazz de Nice. Avis
aux amateurs !
Quelques sites (liste empruntée à ARTE) :
http://www.crammed.be/zir/05/
Site de la maison de disques.
http://www.zicline.com/semaine0261/bebel.htm
Quelques extraits musicaux.
http://www.lacoope.com/prog/desc_grp.php3?IdArtiste=104&IdManifestation=75
Une bio, des extraits musicaux.
Damien P.