Alanis Morissette - Under Rug Swept
Une chevelure flamboyante sur un fond bleu : telle est la nouvelle
image d'Alanis Morissette, du moins sur la pochette de son
dernier opus, "Under rug swept".
Que cela peut-il vouloir dire ? Que son caractère bien trempé
est toujours présent ? Qu'elle annonce à tous les
déçus de "Supposed Former Infatuation
Junkie" qu'elle est bien de retour ? Ce que l'on
sait, en tout cas, c'est que c'est une nouvelle Alanis qui
vient présenter son nouvel album.
Pourquoi nouvelle ? D'une part parce qu'elle s'est séparée
de son producteur fétiche, Glen Ballard. Choix difficile
mais courageux, elle a donc décidé de tout faire elle-même.
D'autre part en raison de ses diverses participations, que ce soit
dans une série TV (Sex And The City) ou sur l'album d'un
autre (en l'occurrence "Blowback" de l'électronique
mais très rock n' roll Tricky). On peut par ailleurs
supposer que la participation de Flea (Red Hot Chili Peppers)
et de Dean DeLeo (Stone Temple Pilots) laisse présager
le meilleur quant à la direction prise par l'artiste.
Le meilleur moyen de l savoir est encore d'introduire le cd dans
la platine. Le premier titre ("21 things") confirme
bien la rumeur : riff de guitare saturée sur fond sonorités
électroniques accompagnant une voix puissante et affirmée.
Les chansons défilent, ne se ressemblent pas mais laissent
toutes la même impression : celle d'être en présence
d'un single en puissance. On pourra à ce propos regretter
que le titre choisi pour figurer dans les bacs en tant que single
soit formaté et peu inventif. Bref, l'un des moins intéressants
de l'album (n'oublions pas que la musique est un produit de consommation…).
Cette petite déception mise à part, force est de constater
que l'ensemble se tient admirablement bien, et que la chanteuse
parvient toujours à marier énergie et mélodies
douces, ce qui n'est pas sans rappeler "Jagged Little
Pill", la rage post-adolescente en moins. Agée
de 27 ans, Alanis prend désormais plus de recul par
rapport à ses sentiments, et cela s'entend. Son chant est
plus profond, moins énervé mais plus chaleureux qu'auparavant,
laissant la part belle aux nuances de toutes sortes. Les textes
eux aussi sont moins "rentre-dedans" que sur son premier
"véritable"opus. Il paraît que l'on appelle
ça la maturité (somme toute relative au regard de
son âge relativement peu avancé)…
Si Alanis est une artiste qui a su créer son propre
style et apposer sa propre patte aux compositions, on ne peut s'empêcher
de penser de temps à autres à Tori Amos, notamment
lorsqu'elle cherche des ambiances plus calmes sans être folk
("That Particular Time"), ou quand elle s'oriente
vers des sonorités plus sombres et rêches ("A
Man"). Leur tournée américaine commune y
est peut-être pour quelque chose.
"Under rug swept" n'est donc pas l'album le plus
original de l'année. Il est toutefois fort agréable
à écouter (on s'imagine déjà en route
vers les vacances avec le cd dans l'autoradio). Il doit d'ailleurs
être suivi sous peu par un second album comprenant des chansons
composées pendant la même période mais ne figurant
pas sur "Under rug swept". On ne va certainement
pas s'en plaindre.
Site officiel : http://www.alanismorissette.com
(marrant mais un peu déroutant)